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Veille droits humains — 14 mars 2026

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Résumé

Liban, RDC, Sahel, Iran : les crises s'accumulent et les droits humains reculent partout. HRW, Amnesty, FIDH, Crisis Group et l'ONU tirent la sonnette d'alarme sur la montée des autoritarismes, les conflits armés qui s'embrasent et la criminalisation des défenseurs. Pendant ce temps, en Belgique, la société civile se mobilise pour la RDC et les droits des femmes. Ne restons pas silencieux. #DroitsHumains #RDC #Liban #Sahel #DroitInternational

Contenu

Synthèse thématique — 14 mars 2026

1. Conflits armés et violations du droit international humanitaire

Ce thème est au cœur de l'actualité des grandes organisations cette semaine, avec plusieurs foyers de tension qui s'aggravent simultanément.

Human Rights Watch documente l'utilisation illégale de munitions au phosphore blanc par l'armée israélienne au-dessus de zones résidentielles à Yohmor, dans le sud du Liban (9 mars 2026). Les frappes auraient fait 394 morts au Liban selon le ministère de la Santé libanais. Par ailleurs, HRW publie un rapport sur les abus liés aux politiques migratoires en Mauritanie, dénonçant des actes de torture, viols et expulsions sommaires commis par les forces mauritaniennes dans le cadre de la coopération avec l'UE sur le contrôle des frontières.

La FIDH publie dans la même période des communiqués sur le Liban, la Syrie, l'Iran, le Sénégal et l'Ukraine. Elle documente également le financement d'armements : un groupe de 19 organisations, dont la FIDH, expose les plus grandes institutions financières européennes qui investissent dans des producteurs d'armes vendant à Israël.

L'International Crisis Group analyse, dans son podcast Hold Your Fire! du 6 mars, une attaque conjointe américano-israélienne contre l'Iran et ses répercussions dans tout le Moyen-Orient. Sur l'Ukraine, l'ICG note que le changement décisif tient désormais moins à la situation sur le terrain militaire qu'au retrait du soutien américain sous Trump. Dans le Sahel, l'ICG sonne l'alarme : des jihadistes ont imposé depuis septembre un blocus partiel sur Bamako, et le risque d'effondrement des régimes malien et burkinabè s'accroît. L'ICG alerte également sur l'escalade entre l'Éthiopie et l'Érythrée, susceptible de plonger la Corne de l'Afrique dans un conflit majeur.

Le CNCD-11.11.11 publie le 5 mars une carte blanche appelant la Belgique et l'UE à agir pour le droit international face à l'offensive de l'AFC/M23 soutenue par le Rwanda à l'est de la RDC.

Convergences : Toutes les organisations soulignent la multiplication simultanée des foyers de conflit et l'impunité croissante. L'OHCHR, par la voix de Guterres à l'ouverture de la 61e session du Conseil des droits de l'homme, affirme que les droits humains sont « la cible d'une attaque de grande envergure partout dans le monde ».

2. Recul global des droits humains et montée des autoritarismes

Human Rights Watch consacre son Rapport mondial 2026 à ce constat : 72 % de la population mondiale vit désormais sous régime autoritaire. Le monde est décrit comme un espace où « la force fait loi ».

L'OHCHR tient à Genève la 61e session du Conseil des droits de l'homme (23 février – 31 mars 2026). La session du Comité des droits de l'homme (2-19 mars) et celle du Comité des droits des personnes handicapées (jusqu'au 26 mars, 20e anniversaire de la Convention) sont également en cours.

Amnesty International documente les meurtres extrajudiciaires commis par les États-Unis en eaux internationales : depuis septembre 2025, plus de 40 attaques unilatérales ont causé au moins 157 morts en mer Pacifique orientale.

3. Droits des femmes

Amnesty International publie le 6 mars 2026 un rapport soulignant le recul des droits des femmes à l'échelle mondiale : attaques contre les droits reproductifs, bâillonnement des féministes, réductions de financement. Amnesty note une victoire : le Burkina Faso a adopté en 2025 des réformes fixant l'âge minimum du mariage à 18 ans.

Le CNCD belge organise autour du 8 mars une mobilisation nationale pour les droits des femmes, incluant un festival féministe Résistances et une exposition photographique. Le 12 mars, une grande manifestation nationale à Bruxelles appelle à remettre la solidarité au cœur des politiques publiques belges.

4. Défenseurs des droits humains et criminalisation de la société civile

Human Rights Watch documente 17 cas de disparitions forcées à Kinshasa depuis mars 2025, imputées au Conseil national de cyberdéfense (CNC) congolais.

Amnesty International note la libération entre janvier et février 2026 de défenseurs des droits humains détenus arbitrairement au Venezuela, tout en rappelant que ces poursuites n'auraient jamais dû être engagées.

La FIDH et l'OMCT dénoncent via leur Observatoire l'inculpation de lanceurs d'alerte contre l'esclavage en Mauritanie.

5. Migrations, réfugiés et politique européenne

Human Rights Watch publie un rapport de 163 pages sur les abus liés aux politiques d'externalisation migratoire de l'UE en Mauritanie : torture, viol, arrestations arbitraires et expulsions sommaires.

Le CIRE (Belgique) réagit à la situation des réfugiés syriens, appelant la Belgique à faire davantage pour les accueillir. La question du regroupement familial pour les réfugiés et apatrides est également à l'agenda belge.

6. Armement, financement et sécurité

Le GRIP publie le 3 mars 2026 sa mise à jour sur les armements, dans la continuité de son Compendium 2025 sur les dépenses militaires, la production et les transferts d'armes. Il a également publié des recherches sur les trafics d'armes en Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Mali).

La FIDH, avec 18 autres organisations, expose les investissements d'institutions financières européennes dans des producteurs d'armes vendant à Israël.

Conclusion

La veille du 14 mars 2026 révèle une convergence forte entre les organisations sur trois grands constats : (1) une dégradation générale et accélérée des droits humains à l'échelle mondiale ; (2) une multiplication des crises armées non résolues (Liban, RDC, Sahel, Iran, Ukraine) ; (3) une criminalisation croissante des défenseurs des droits humains.

Les zones géographiques les plus couvertes : RDC, Liban, Moyen-Orient (Iran, Israël), Sahel (Mali, Burkina Faso, Mauritanie), Ukraine, Corne de l'Afrique. L'Amérique latine (Venezuela) et l'Europe (droits des femmes, politique migratoire) sont également présentes.

Sources : Human Rights Watch, Amnesty International, FIDH, International Crisis Group, OHCHR, CIRE, CNCD-11.11.11, GRIP — Veille réalisée le 14 mars 2026.

Catégories : Droits civils et politiques Droit international humanitaire Droits des réfugiés Droits des femmes Non-discrimination